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Impacts des Initiatives de Développement

Six mois après le début du projet, une évaluation a été faite pour apprécier le changement survenu chez les jeunes des communautés ciblées. Par la méthodologie du focus grouple Centre Ubuntu a pu noter l’impact de son intervention chez les bénéficiaires directs etdans l’entourage.

IV.1. Nyabigina (Nyanza-Lac)

Les bénéficiaires directsaffirment qu’avant les activités d’animation et de formation les résidents et les rapatriés n’entretenaient pas de bonnes relations. Aujourd’hui les rapatriés de 1972 qui étaient avant étiquetés de « sabini na mbili » (soixante-douze) se réjouissent de la disparition de ce comportement discriminatoire. Les résidents eux-mêmes affirment qu’ils ne sont plus agressés par les jeunes rapatriés. Les jeunes qui ont participé à la formation témoignent que les barrières ethniques qui les séparaient n’ont plus raison d’être ; ils sont devenus solidaires et ont initié des activités de développement ensemble. Aline Niyokwizera témoigne que les histoires d’ethnie tenaient une place de choix dans son cœur ; avant, quand elle était en groupe, elle avait du mal à digérer la présence de quelqu’un qui n’était pas de son ethnie. Elle avait développé en elle un comportement discriminatoire et avait tendance à pointer du doigt les tutsi. Actuellement, avec la formation sur les valeurs et la résolution des conflits, elle témoigne qu’elle a vite compris et a changé son comportement.

Quant à Niyonkuru Didier, il affirme qu’avant les activités du Centre Ubuntu, il n’acceptait pas les conseils des gens qui l’invitaient à rompre avec ses mauvaises habitudes (les ligalas, le non-respect des adultes, le refus d’aller travailler, etc). Mais, aujourd’hui avec l’intervention du Centre, il a pu comprendre les conséquences qui pesaient sur lui et a choiside travailler avec les autres pour consolider la paix dans leur milieu.

IV.2. Kibago (Makamba)

Le témoignage des bénéficiaires directs affirme que l’intervention du Centre Ubuntu a permis de créer un cadre d’échange entre les jeunes rapatriés et les jeunes résidents. Avant les activités initiées par le Centre ces deux groupes étaient radicalement opposés. Aujourd’hui les membres de ces groupes travaillent ensemble dans une Association pour les activités de développement. Les activités de dévelop-pement communautaire basées sur l’élevage de chèvres  en chaîne de solidarité, et sur la culture d’arachides et de manioc ont beaucoup aidé à la diminution de la suspicion entre les jeunes malgré la problématique persistante de la question foncière entre les résidents  et les rapatriés en commune Kibago.Jean Marie témoigne : « Avant les activités d’animation, je ne pouvais pas m’asseoir ensemble avec Uwezo, (un rapatrié membre de cette association). Je le considérais comme un ennemi parmi les autres. Avec l’animation sur nos relations-comportements, j’ai senti en moi quelque chose d’important et de logique. Aujourd’hui, nous sommes tous membres de l’Association et nous avons déjà développé de bonnes relations.»

 

 

IV.3. Nyantakara (Kayogoro)

Le groupe bénéficiaire affirme que les jeunes qui se méconduisaient ont changé de comportement quelques jours après la séance d’animation psychosociale. Les jeunes affiliés aux partis politiques qui s’affrontaient souvent ont changé d’attitude et se rencontrent pour discuter de leurs problèmes en général. Néanmoins, même si beaucoup de choses ont changé chez les jeunes, tout n’est pas rose. Certains jeunes se sont fait enrôlés plusieurs fois parce qu’ils ont eu beaucoup de cartes d’identité. Un membre de l’Association parle de manipulation politique faite aux jeunes d’où il faut une rééducation aux valeurs.   

Le projet de l’élevage des chèvres est jugé par les membres de l’Association comme connecteur. Mais l’ingérence des parents des jeunes membres de l’Association menace le bon fonctionnement de l’Association. Certains d’entre eux sont dans l’association Humuriza et veulent contrôler tout et influencer les jeunes dans la gestion du projet.

IV.4. Giharo (Rutana)

Les bénéficiaires directs affirment qu’avec les activités initiées par le Centre Ubuntu les jeunes de toutes les catégories (des rapatriés ou des résidents ; les jeunes des différents partis politiques ou d’ethnies différentes) font des réunions périodiques et font des travaux de développement ensemble.Ils ont initié le projet de l’agriculture du riz dans les marais. D’après ces jeunes, ce projet est connecteur, car les jeunes de différents groupes se mettent ensemble et partagent la nourriture après le travail. Ainsi des suspicions entre eux vont en diminuant.

Avant, ils s’accusaient mutuellement d’être des voleurs ou reçoivent des aides les uns beaucoup plus que les autres.

Il faut néanmoins souligner que 45 jeunes formés par les 15 qui ont été directement formés par le Centre Ubuntu ont boycotté  l’Association.  Ces jeunes voulaient les intérêts immédiats en partageant le financement reçu.  Les membres restant espèrent que leurs collègues vont les rejoindre après les récoltes.

IV.5. Buhiga (Karusi)

Avant l’intervention du Centre Ubuntu les jeunes Hutu et les jeunes Tutsi se regardaient en chiens de faïence. Actuellement ces jeunes font des réunions ensemble et se rendent visite. La suspicion entre les déplacés et les gens restés sur collines elle aussi diminue  sensiblement. Une jeune fille déplacée, témoigne qu’actuellement elle va travailler dans les collines sans peur des gens restés sur collines. Un jeune homme vivant dans les collines, affirme qu’actuellement il visite les camps des déplacés sans peur d’être agressé.

Nijimbere Belard témoigne qu’un jour il est allé à Buhinyuza (chez les gens restés sur collines).  Belard avait très peur, car il ne connaissait personne.  Heureusement il a rencontré Trésor, un membre de l’Association vivant dans les collines.  Ils se sont salués chaleureusement, et les gens aux alentours se sont étonnés de cet accueil entre les jeunes de différentes ethnies. Ils ont passé un bon moment ensemble, et visité la famille de Trésor.  Vers le soir, Belard a été accompagné par Trésor, et a regagné le site des déplacés.

Le projet d’élevage des chèvres en chaîne de solidarité est jugé par les jeunes connecteur, car les jeunes déplacés et les jeunes restés sur collines qui  partagent une chèvre sont obligés de collaborer, dialoguer et se rendre visite. Néanmoins, il existe un conflit de leadership : le président de l’association est accusé par les membres de l’association d’avoir détourné 60.000 frs, et ne  veut pas organiser une réunion des membres.  Devant cette situation, les membres de l’Association ont décidé de remplacer provisoirement le président par son vice, pour organiser la réunion des membres et trouver la solution à ce problème.

IV.6. Site Mubanga (Ngozi)

Les jeunes de l’Association Tugumyubuntu attestent qu’avant l’intervention du Centre Ubuntu les jeunes du site de Mubanga et les jeunes résidents sur les collines ne pouvaient pas se parler. Actuellement, ils se rendent visite et entretiennent des relations d’entraide mutuelle. Ils arrivent même à un stade où les relations de fiançailles sont possibles entre Hutu et Tutsi.Dieudonné le président de l’Association Tugumyubuntu affirme que l’intervention du Centre Ubuntu lui a permis de ne plus avoir peur de visiter ses amis du site de déplacés alors qu’avant c’était pratiquement impossible. Quant à Papias du site des déplacés, elle se réjouit qu’aujourd’hui elle peut aller travailler sur les collines et peut y passer la nuit alors qu’avant l’intervention du Centre Ubuntu elle avait peur des Hutu.

Les activités de développement et de solidarité sont exécutées communautairement en respectant le calendrier fixé par tous les membres de l’Association. Un membre de l’Association témoigne que souvent les gens sont étonnés quand ils voient les jeunes Hutu et les jeunes Tutsi exécuter ensemble les gestes de solidarité comme le labour d’un champ d’un vieillard. Cela renforce leur cohésion et leur entente mutuelle.

Sur le plan de l’entraide mutuelle entre les membres de l’Association, après trois mois d’activités, 36 membres ont déjà bénéficié d’un crédit à faible intérêt (10%) après avoir présenté leurs projets (petit commerce de haricot, de bananes vertes, de la bière locale, des œufs, des arachides, élevage des poules, de porc, l’agriculture,….).

Les membres de l’Association affirment que les projets initiés sont connecteurs car ils rassemblent Hutu et Tutsi. Les activités de solidarité sont aussi exécutées pour les Hutu et pour les Tutsi. L’intervention du Centre Ubuntu est la première à rassembler et à former les jeunes de différentes ethnies dans la zone Mubanga.

N.B. Il faut noter que l’Association des jeunes de Mubanga est composée de membres de faible niveau, qui n’ont jamais participé dans aucune autre association des jeunes. Ils ne connaissent pas le rôle de chacun et les membres du comité tâtonnent dans leurs décisions. Ils ont besoin de soutien au niveau de la formation en gestion et d’autres formations jugées utiles dans le renforcement de leurs capacités.

 

 

IV.7. Zone Gatara

Les jeunes membres des différents partis politiques étaient des ennemis jurés. Avec l’intervention du Centre Ubuntuces jeunes ont compris que chacun a le droit d’adhérer dans un parti politique de son choix et doit être respecté comme tel. Ils ont compris que les suspicions mutuelles doivent cesser et doivent plutôt travailler ensemble pour l’auto-développement. C’est pourquoi avec le projet initié de l’élevage des chèvres en chaîne de solidarité, les jeunes de l’Association SangwaUbuntu  membres des différents partis politiques se rendent visite mutuellement et ont initié des travaux d’aide aux vulnérables. Par exemple ils ont déjà cultivé ensemble les champs de 5 vulnérables et ont construit une petite maison d’une personne sans abri.

Les membres de l’Association se réjouissent que les projets initiés sont connecteurs car ils permettent aux jeunes de différents partis politiques de se mettre ensemble et faire des activités de solidarité,d’abord entre eux,  puis envers les vulnérables. 

IV.8. Zone Bugendana

Avec l’intervention du Centre Ubuntu chez les jeunes ciblés de la zone Bugendana certains changements ont été observés.

  • Sur le plan communautaire

 

  • Les jeunes des différentes ethnies se mettent ensemble pour faire des activités communautaires sans aucune discrimination et suspicion ;
  • La population s’étonne avec satisfaction de voir travailler ensemble les jeunes qui avant l’intervention du Centre Ubuntu ne pouvaient ni se parler ni se rendre visite.
  • Beaucoup de gens veulent adhérer à l’Association car ils apprécient la bonne cohabitation entre les jeunes ;
  • La population des Batwa a été influencée par la solidarité des jeunes. Aujourd’hui les Batwa ne s’occupent plus seulement de la poterie ; ils travaillent aussi la terre.
  • Sur le plan individuel

 

  • Trois jeunes qui avaient abandonné les études à cause de l’ignorance et de la pauvreté ont repris l’école après avoir bénéficié d’un petit crédit dans l’Association.
  • Un jeune témoigne qu’il venait de passer huit ans dans l’oisiveté et qu’il n’avait aucune envie de s’adonner aux travaux durs. Mais avec le projet du Centre Ubuntuil a changé de comportement et s’associe aux autres pour les travaux proposés par l’Association.
  • Un autre témoigne que ses relations avec les Batwa sont aujourd’hui normales alors qu’avant il les méprisait.
  • HabonimanaVestine témoigne : avant la formation du Centre Ubuntu j’avais peur de passer dans le village de Kagogo car les jeunes qui y vivent me menaçaient parce que nous ne sommes pas de la même ethnie. Mais aujourd’hui avec notre Association, j’ai des amis dans ce village, ils me donnent à boire et à manger. Je n’ai plus peur.
  • Observations

 

  • Les membres de l’association TWIYUNGUNGANYE MU BUNTU sont dynamiques avec un nombre important de ceux qui sont passé sur le banc de l’école (Primaires et secondaires 7 année – 10ème année) ;
  • Les membres de l’Association ont soif d’aller de l’avant : reprise des études (scolarisation secondaire et professionnelle), sont flexibles aux conseils, enregistrement de l’Association au niveau communal ;
  • Presque tout le comité est dirigé par des membres ayant un certain niveau scolaire avec un président à la tête qui a repris les études en 10ème ;
  • Les Batwa sont très fiers d’être dans le groupe multi ethnique ;
  • Les autorités encouragent l’Association car ce sont eux qui ont averti les membres d’être vigilants pour l’élevage des chèvres.

 

  • Suggestions
  • Augmenter le nombre de bénéficiaires ;
  • Multiplier les séances de sensibilisation des jeunes sur la bonne cohabitation pacifique ;
  • Multiplier les relations d’amitié avec les anciens et les nouveaux membres du projet ;
  • Les visites régulières de la part du Centre Ubuntu sont nécessaires;
  • Les membres souhaitent que les intérêts demandés soient diminués de 10% à 6% pendant 3 mois.

 

N.B. Il faut aussi noter que le Centre Ubuntu a fait le suivi des trois communautés précédemment assistées : Rumonge, Itaba et Ruhororo. Après une année d’activités certains points doivent être soulignés.

IV.9. Ruhororo (Ngozi)

Les membres de l’Association Dushirehamwe mu buntu affirment qu’actuellement les jeunes déplacés et ceux restés sur collines membres de l’Association sont considérés comme modèles de réconciliation en commune Ruhororo. L’administration et la population ont accueilli favo-rablement cette initiative qui met ensemble les jeunes déplacés et ceux restés sur collines, car la mauvaise cohabitation allait vers les violences verbales et physiques. Les voisins des membres de l’Association commencent à s’habituer aux gens d’une autre ethnie, car les membres de l’Association d’ethnies différentes se  rendent visite, une chose qui n’existait pas avant.

Le projet de l’élevage des chèvres et des porcs en chaîne de solidarité est jugé connecteur par les jeunes car il permet la collaboration, le dialogue et la réconciliation progressive. Une jeune fille nous dit qu’elle partage une chèvre avec un jeune des collines qui lui était inconnu, et actuellement ils se rendent visite. La jeune fille témoigne : Un jour, je suis allée à Muhanga  pour rendre visite à un membre de l’Association. Cette zone était très réputée en suspicion et haine ethnique.  Arrivée à Muhanga, j’ai été bien accueillie par la famille du membre  de l’Association.  Les voisins sont venus et nous avons partagé ensemble  la nourriture et les boissons. Je trouve alors qu’il y a un grand pas franchi, car cela n’existait pas avant la création de cette Association.

IV.10. Zone Gihamagara (Itaba-Gitega)

Les jeunes bénéficiaires de la zone Gihamagara ont organisé des activités visant à venir en aide aux personnes vulnérables membres de l’Association TUBEHONEZA et aux bénéficiaires indirects. Dans cette perspective 5 vieilles mamans et deux veuves ont été aidées en nourriture et en construction d’une maison, deux malades ont été assistés financièrement, un jeune malade mental a été assisté matériellement, une jeune fille membre de l’Association a été assistée pendant son mariage…

Il faut aussi souligner que des crédits ont été octroyés aux membres de l’Association TUBEHONEZA pour réaliser de petits projets (agriculture, la vente du haricot et de la bière…)

  • Difficultés

Certaines difficultés ont néanmoins été observées dans la réalisation des projets. Nous pouvons citer la non rentabilité des activités de petit commerce et l’incapacité de rembourser l’argent emprunté de l’Association.

C’est dans cette optique que les membres de l’Association ont prévu d’arrêter momentanément l’octroi des crédits pour liquider certaines urgences : assurer le recouvrement préalable de ceux qui sont en retard, vendre le haricot de 200 kg acheté par l’Association, continuer à alimenter la caisse constituant le fond de micro crédits par des activités manuelles et continuer les activités de solidarité.  

  • Changements observés

Toutes ces activités ont contribué au renforcement des relations entre les bénéficiaires directs d’une part, et entre ceux-ci et l’entourage d’autre part.

CIZA Espérance, une jeune fille membre de l’Association témoigne que depuis la guerre de 1993, elle ne pouvait pas oser aller sur les collines où résidait la population « hutu ». Mais après les enseignements reçus du Centre Ubuntu, elle a changé de mentalité soutenue par les activités qui rassemblent toutes les ethnies membres de l’Association. Aujourd’hui, elle se rend aisément sur les collines où vivent des familles hutu et participe dans leurs fêtes sociales comme la dot et le mariage.

  • Observations 

 

  • Les jeunes vivant sur les collines, les jeunes déplacés et les ex-combattants cohabitent harmonieusement sans suspicions;
  • La présidente de l’association est dynamique raison pour laquelle elle essaie de maintenir les membres de l’Association dans l’esprit d’ubuntu mais parfois elle se heurte à une résistance de certains jeunes du site et des ex-soldats qui avaient l’intention de partager l’argent reçu;
  • Il y a certaines grognes chez les jeunes qui n’ont pas encore bénéficié d’un crédit.

 

  • Recommandations

 

  • Le Centre Ubuntu et l’UNICEF pourraient encore une fois supporter financièrement l’Association Tubehoneza ;
  • Les membres de l’Association (les bénéficiaires directs)ont besoin d’être renforcés dans la formation déjà reçue. Il est aussi nécessaire d’agrandir le cercle des bénéficiaires directs ;
  • Diminuer l’intérêt de 10% à un pourcentage plus bas.

IV.11. Commune Rumonge (Buzimba)

Le groupe des jeunes ciblés de la zone Gatete est composé des jeunes rapatriés et les résidents. Au début du projet, ces deux groupes se regardaient en chiens de faïence. Mais aujourd’hui ils entretiennent des relations de fraternité et se rendent visite mutuellement sans suspicions. Avec la distribution des chèvres et la chaîne de solidarité trois autres bénéficiaires se sont ajoutés aux premiers.

  • Observations

9 membres ont quitté l’Association pour aller chercher de l’emploi à l’étranger. 7 d’entre eux ont informé le groupe.

 

  • Recommandations :

-   Appuyer l’Association pour initier d’autres acti-vités telles que la formation en informatique, la broderie, l’hôtellerie et la couture pour les jeunes filles.  Pour les garçons, ils ont besoin d’être formés en soudure et en menuiserie.

-   Il y a aussi une nécessité de réintégrer certains jeunes dans le milieu scolaire.

 

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